Description du projet

Lieu : Reprise Théâtre de Ménilmontant
Dates : Mars 2016
Auteure / Metteure en scène :  Daniela Morina Pelaggi
Production :  La Compagnie Hic et Nunc
Distribution : Christopher Caulier, Jérémie Stora, Marine Voyeux, Rachel Duc, Pauline Perrine et Daniela Morina Pelaggi
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Avis et critiques : Commentaires PresseBlog

 

Présentation

Dans un pays imaginaire, un homme est enfermé, torturé, humilié à la suite d’un attentat présidentiel dont il est accusé. Il tente de convaincre de son innocence les implacables agents d’un pouvoir totalitaire. Au travers de ce puissant face à face, se dresse une troublante confrontation entre barbarie et humanisme. Jouant sur une écriture et une mise en scène au réalisme traversé d’un humour décalé et d’un lyrisme saisissant, la pièce oppose deux visions inconciliables de la condition humaine. Elle nous entraîne avec force et originalité dans les profondeurs d’un monde sans doute moins fictif qu’il n’y paraît.

Note d'intention

La question du prisonnier – du prisonnier politique plus précisément – et de la vie en milieu carcéral représente un enjeu souvent oublié du débat de la vie publique. La question « pourquoi un détenu est-il parfois plus dangereux lorsqu’il quitte le système pénitencier? » n’interpelle le citoyen et les élites politiques que dans des cas extrêmes.
Le propos de la pièce n’est pas de traiter de « la condition du prisonnier » mais plutôt de s’interroger sur la question « que peut-on faire face à un pouvoir totalitaire MAIS légitime ? ».
En effet, la pièce a pour contexte une «démocratie totalitaire». La violence physique (et l’illégalité́ qui inévitablement en découle) est-elle dès lors la seule réponse à faire valoir face à un système abrutissant perçu comme injuste?
Le personnage principal, le détenu – il s’appelle 451 – sera tout au long de la pièce livré aux hommes et aux femmes de pouvoir sans autre arme que son humanité et la proclamation de son innocence. La situation de faiblesse ainsi que le dénuement dans lequel il se trouve, bien loin de l’affaiblir, font de ce personnage l’archétype de l’humanité sacrifiée sur l’autel de la barbarie.
La question de sa participation à l’acte qui lui est reproché devient finalement secondaire. Les hommes/femmes qui gravitent autour de lui semblent être parfaitement rationnels, de bonne foi, « à l’écoute » de sa situation. Pourtant, malgré leur volonté de dialogue, ils sont incapables de l’entendre, figés dans des convictions, endoctrinés par une société sophistiquée, soumise à la figure patriarcale et toute-puissante du Président 100’000. Les hommes et femmes de cette histoire semblent détachés et éloignés de ce qui constitue l’essence même de toute relation à autrui : la reconnaissance – chez l’autre – d’une similitude de condition. La condition humaine.

Daniela Morina Pelaggi
Metteure en scène